Les deux verbes les plus utilisés de la langue, et les plus irréguliers. En 11 étapes : reconnaître un verbe, le conjuguer à tous les temps, et ne plus tomber dans les pièges de ton contrôle.
Chaque étape commence par un exemple, puis la règle, puis un exercice dont tu peux ouvrir la correction. Les encadrés jaunes montrent les pièges, et presque tous viennent de ton contrôle et de ta fiche-outil. L'étape 10 reprend tes erreurs une par une.
Pour un verbe souligné, ta prof attend toujours 4 réponses : le mode, le temps, la personne et le nombre. Une seule recette, toujours dans le même ordre.
« Nous serions très heureux. » On cherche les 4 infos de serions.
serions → indicatif, conditionnel présent, 1re personne, pluriel. En abrégé, comme sur ta feuille : ind. cond. présent, 1re p. pl.
Dans ta classe, le conditionnel est rangé comme un temps de l'indicatif (ta feuille écrit « ind. cond. présent », « ind. cond. passé »). Écris-le comme ça.
Trois personnes au singulier (une seule personne), trois au pluriel (plusieurs). La personne, c'est qui parle : moi (1re), toi à qui je parle (2e), quelqu'un d'autre (3e).
« nous » est la 1re personne, pas la 2e. Sur ta fiche, « Il faut que nous soyons » et « nous serons » sont notés « 2PPL ». Le bon : 1re p. pl. Truc : nous = moi + d'autres, et moi, c'est toujours la 1re.
« on » est la 3e personne du singulier, même quand il veut dire « nous » : on est, comme il est.
Commence toujours par le mode. Plusieurs réponses de ton contrôle démarrent directement par le temps (« plus-que-parfait », « imparfait ») : c'est une info qui manque.
Le mode dit comment on présente l'action : un fait, un souhait, un ordre… Il y en a 5, et chacun a un signe qui se repère.
« Elle avait l'air malade. » Un fait, avec un sujet. Le mode de base : quand rien d'autre ne colle, c'est lui.
« Il faut que tu sois là. » Le signe : « que » juste devant le sujet (il faut que, je ne pense pas que, je veux que…).
« Sois prudent ! » Un ordre ou un conseil, et pas de sujet. Trois personnes seulement : tu, nous, vous.
« Elle semblait être gênée. » Le verbe pas conjugué, son « nom » : avoir, être. Au passé : avoir eu, avoir été.
« Ayant peur, il partit. » Présent en -ant : ayant, étant. Passé : eu, été.
L'infinitif et le participe n'ont ni personne ni nombre : on donne seulement le mode et le temps. Ayant → participe présent. Point.
« d'être gênée » → infinitif présent. Il n'y a pas de sujet devant être et il ne se termine pas en -ant : ce n'est pas un participe présent.
« Ayant un physique si peu avantageux » → participe présent (la terminaison -ant). Pas de personne.
« Aie pitié ! » → impératif présent, 2e p. sg. Pas de sujet, c'est un ordre. Le même mot avec un sujet, « que j'aie », serait un subjonctif.
Un temps simple, c'est un seul mot : j'ai, j'avais, j'aurai. Il y en a 5 à l'indicatif. Le passé simple, le plus traître, a son étape à lui (étape 4).
« Aujourd'hui, j'ai 13 ans. L'an passé, j'avais 12 ans. L'an prochain, j'aurai 14 ans. Si j'étais plus vieille, j'aurais mon permis de scooter. »
Présent, imparfait, futur simple, conditionnel présent : quatre des cinq temps simples sont déjà dans ces phrases. Touche un temps pour voir les deux verbes côte à côte.
Pas besoin d'apprendre le conditionnel « en plus » : il prend le début du futur et la fin de l'imparfait.
En jaune, le début du futur (aur-, ser-). En vert, la fin de l'imparfait (-ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient).
vous êtes (accent circonflexe), nous sommes, ils sont : être au présent ne ressemble à rien de connu, il s'apprend par cœur.
ils ont (avoir) et ils sont (être) se ressemblent : dans ton tableau du contrôle, « ils ont » a été écrit pour le conditionnel présent, alors que c'est le présent. Le conditionnel : ils auraient.
Le passé simple sert à raconter (contes, romans). Pour avoir et être, il ne ressemble pas du tout à l'infinitif. Un seul truc les sépare : la première lettre.
« Ce jour-là, la princesse eut très peur. Elle fut terrorisée. »
eut, c'est avoir. fut, c'est être. Une lettre de différence, et c'est tout le piège.
e… → avoir (eus, eut, eurent). f… → être (fus, fut, furent). Ensuite, les deux verbes ont exactement les mêmes terminaisons : -s, -s, -t, -mes, -tes, -rent.
L'accent circonflexe ne va que sur nous et vous : eûmes, eûtes, fûmes, fûtes. il eut, il fut : sans accent.
« avoir, passé simple, 3e p. sg. » : tu as écrit « il eûme ». Le bon : il eut. Eûmes (avec un s) existe, mais c'est nous.
« être, passé simple, 2e p. pl. » : tu as écrit « vous eûtes », qui est le passé simple d'avoir. Pour être, c'est vous fûtes. Avant d'écrire, vérifie la première lettre : être → f.
Un temps composé, c'est deux mots : l'auxiliaire (le verbe qui aide) et le participe passé. Pour avoir et pour être, l'auxiliaire est toujours avoir.
« Hier, j'ai eu peur. » « Hier, j'ai été malade. »
Dans les deux phrases, le premier mot est ai : c'est avoir au présent. Le deuxième mot change : eu pour avoir, été pour être. Ce temps s'appelle le passé composé.
| Temps simple d'avoir | Temps composé | Exemple |
|---|---|---|
| Présent | Passé composé | j'ai eu · j'ai été |
| Imparfait | Plus-que-parfait | j'avais eu · j'avais été |
| Passé simple | Passé antérieur | j'eus eu · j'eus été |
| Futur simple | Futur antérieur | j'aurai eu · j'aurai été |
| Conditionnel présent | Conditionnel passé | j'aurais eu · j'aurais été |
On dit j'ai été, jamais « je suis été ». Au contrôle, pour le futur antérieur d'être, tu as écrit « ils seraient » puis « ils eurent » : il fallait ils auront été (avoir au futur + été).
Pour le passé antérieur d'avoir, tu as écrit « nous ayons », qui est un subjonctif. Le bon : nous eûmes eu (avoir au passé simple + eu).
Un temps composé a toujours deux mots. « ils avait eu » pour le passé simple, c'est deux erreurs : le passé simple est un temps simple (ils eurent), et avait n'est pas au pluriel.
À l'oral, j'aurai et j'aurais se prononcent presque pareil. À l'écrit, le s change le temps. Un truc règle le problème à tous les coups : remplacer « je » par « nous ».
Remplace par nous : nous aurons → futur → j'aurai. nous aurions → conditionnel → j'aurais. Pareil pour être : nous serons → je serai ; nous serions → je serais.
Le truc marche aussi pour les temps composés : nous aurons eu → j'aurai eu (futur antérieur) ; nous aurions eu → j'aurais eu (conditionnel passé).
Deux indices aident aussi : « si » + imparfait appelle le conditionnel (« Si j'avais su, j'aurais… »). « quand » + futur appelle le futur (« Quand j'aurai eu de l'argent, je m'achèterai… »).
« Quand j'aurai eu de l'argent, je m'achèterai ce jean » : tu as écrit aurais. Avec nous : « quand nous aurons eu » → futur, pas de s.
« J'aurai eu mes quinze ans quand tu fêteras ton anniversaire » : même chose, c'est sûr, ça va arriver → futur antérieur.
« Regardez la tenue que j'aurai pour le mariage de mon frère » : la tenue est prévue, pas imaginée → futur. Et dans l'exercice 4, n'oublie pas le eu : on te demande aurai eu ou aurais eu, deux mots.
Le subjonctif arrive après « que ». L'impératif donne un ordre sans sujet. Le participe présent finit en -ant. Avoir et être y ont des formes qu'il faut apprendre par cœur.
« Je ne crois pas que tu aies raison. » « Il faut que je sois prête à 14 heures. »
Devant, toujours un que : c'est le signe du subjonctif. Les formes ressemblent un peu au présent, mais pas tout à fait : tu as devient que tu aies.
Participe présent : ayant (avoir), étant (être). Participe passé : eu, été. Infinitif passé : avoir eu, avoir été.
nous ayons, vous ayez, nous soyons, vous soyez : jamais de i après le y (pas « ayions », pas « soyiez »).
que j'aie (avec e) ≠ j'ai (présent). qu'il ait (avec t) ≠ il est. que tu aies (avec s) : au contrôle, tu as écrit « tu as », le présent.
À l'impératif, aie s'écrit sans s : « Aie du courage ! »
Le participe présent d'être, c'est étant. Au contrôle, tu as recopié « être ».
« è » peut s'écrire de quatre façons. Pour choisir, on regarde qui est devant, ou on remplace par un autre temps.
« Cette élève est absente. » On peut dire « était » : c'est être.
« Tu es drôle. » Toujours avec tu.
« Ce livre, je l'ai acheté. » Toujours avec je (j'). On peut dire « nous l'avons ».
« Il faut qu'elle ait remis ses notes. » Avec que devant : subjonctif d'avoir, 3e p. sg.
« C'est ce livre qui est conseillé par notre professeur » : tu as écrit ai. Le sujet est « qui » (le livre), pas « je », donc ai est impossible. On peut dire « qui était conseillé » → est.
Dans un récit au passé, deux temps travaillent ensemble. L'imparfait pose le décor. Le passé simple fait avancer l'action.
Imparfait : décor, description, durée, habitude (souvent, chaque jour, toujours). Passé simple : action ponctuelle, événement, souvent après « un jour », « soudain », « tout à coup ».
Accorde le verbe avec son sujet. « Toutes deux pouvaient transmettre leur beauté » : sujet pluriel → -aient. Tu as écrit pouvait. « Une cuisine remplie de personnes surgit de terre » : le sujet est « une cuisine », au singulier → surgit, avec un t (tu as écrit surgis).
Un verbe conjugué, jamais un participe seul. « La princesse avait si peu d'esprit » : tu as écrit « eu ». Seul, eu n'est pas conjugué. Ici, on décrit la princesse → imparfait, avait.
Conjugue le verbe demandé. « elle (avoir) également un don » → avait. Tu as écrit allait, qui est le verbe aller.
Il (être) une fois un roi très riche. Chaque matin, il (avoir) l'habitude de compter son or. Un jour, une sorcière (apparaître) devant lui. Le roi (avoir) très peur et (appeler) ses gardes. Mais les gardes (être) loin.
Il était une fois (décor) · il avait l'habitude (habitude, « chaque matin ») · une sorcière apparut (« un jour », action) · le roi eut très peur et appela (deux actions qui s'enchaînent) · les gardes étaient loin (description : où ils se trouvaient).
Tes erreurs, une par une, avec la bonne réponse et la raison. Elles reviennent à quatre familles : on les retrouve presque toutes ci-dessous.
1. Avoir et être mélangés au passé simple et aux temps composés. 2. Futur et conditionnel confondus (aurai / aurais). 3. Les modes rares (subjonctif, impératif, participe, infinitif). 4. La personne (nous = 1re) et l'accord avec un sujet pluriel.
Tous les temps d'avoir et d'être. Active le mode révision : les formes se cachent, tu les dis dans ta tête, puis tu touches la case pour vérifier. Comme une gamme au piano : on répète jusqu'à ce que ça vienne tout seul.